TRANSITION ÉCOLOGIQUE : DÉVELOPPEMENT DES PRÊTS VERTS

Comment encourager la transition écologique

La France doit investir massivement en vue de la transition écologique. Les banques, notamment publiques, ont développé des prêts verts destinés à soutenir des projets. Quel bilan tirer de ces dispositifs ?

Un rapport publié le 9 avril 2026 par la Cour des comptes dresse un bilan plutôt satisfaisant des prêts verts consentis aux entreprises et aux collectivités locales par les banques publiques (Caisse des dépôts, Bpifrance, Agence française de développement, La Banque postale) de 2014 à 2024.
Un outil de financement de la transition

L’accord de Paris sur le climat (2015) acte la nécessité de réorienter les flux financiers en faveur de la transition écologique. Atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 implique des investissements massifs et une large palette d’instruments financiers. La France doit mobiliser chaque année plus de 80 milliards d’euros (Md€) supplémentaires d’ici 2030 afin de tenir sa trajectoire climatique.

Les banques publiques proposent des prêts verts (prêts bonifiés, garantis ou à long terme). Destinés aux entreprises, aux collectivités, aux organismes publics et aux particuliers, ils permettent de pallier la faible rentabilité de certains projets verts. Toutefois, leur périmètre n’est pas défini par des normes contraignantes.
Des dispositifs en plein essor

Le volume des prêts verts octroyés par les banques publiques augmente depuis l’accord de Paris. Entre 2014 et 2024, 24 338 prêts ont bénéficié à 9 036 entités, pour un total de 38 Md€ (33 Md€ hors refinancement). Leur coût pour l’État atteint 691 millions d’euros (M€) sur la période.

Cette montée en charge est portée par la Caisse des dépôts, dont la production de prêts verts est passée de 1 Md€ par an de 2018 à 2022 à plus de 7 Md€ en 2024 (17 000 prêts accordés depuis 2014, pour 27 Md€). De même, l’activité de La Banque postale ne cesse de croître. Celle de Bpifrance reste tributaire des dispositifs de soutien de l’État.

Les prêts verts représentent 13 % des prêts accordés par les banques publiques françaises en 2024 (contre 5 % avant 2021) et 4,5 % de ceux des banques européennes. En France, ils constituent 20 % des prêts au secteur public et 1 % des crédits au privé. Cependant, l’absence de définition harmonisée et la multiplicité des dispositifs nuisent à leur lisibilité et à leur suivi, ce qui expose au risque d’écoblanchiment.
Des résultats encourageants

Le rapport note que les prêts verts des banques publiques :

• Couvrent l’essentiel des besoins de financement de la transition. Néanmoins, les petites entreprises récentes et indépendantes y recourent moins souvent et ces prêts sont moins répandus dans le sud et le centre de l’Hexagone ;
• Sont déterminants dans la mise en œuvre de nombreux projets, même s’il existe aussi un effet d’aubaine. Leur octroi peut débloquer d’autres financements (rôle de levier) et ils ont un impact positif sur l’investissement des entités bénéficiaires en faveur du climat. L’intensité carbone des entreprises industrielles concernées baisse deux fois plus vite que celle de l’ensemble du secteur.

La Cour préconise de mieux définir et suivre les prêts verts des banques publiques et de préciser leurs objectifs dans la stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique.

Source : site vie publique

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