LA SOBRIÉTÉ, UN LEVIER ÉCONOMIQUE POUR LES ENTREPRISES ET COLLECTIVITÉS
Souvent résumée à « faire moins », la sobriété reste majoritairement associée à l’idée de restriction. Dans son dernier avis, l’ADEME propose une lecture différente : la sobriété n’est ni l’opposé de l’efficacité, ni un frein automatique à l’activité.
La sobriété, ce n’est pas « faire moins » mais « faire autrement »
La sobriété ne se limite pas à une discussion sur le niveau de croissance : elle interroge la finalité et le contenu de l’activité économique. « Elle invite à se demander ce que l’on produit, pour répondre à quels besoins, et à quel coût environnemental, social et économique » explique Baptiste Harbonnier, expert Consommation responsable à la Direction Économie circulaire de l’ADEME
La sobriété ne se résume pas non plus à « être plus efficace »
La confusion entre sobriété et efficacité est, elle aussi, fréquente. L’efficacité consiste à réduire l’impact environnemental d’un produit ou d’un service à usage constant. On ne questionne pas le besoin, on conserve le même usage, mais on mobilise moins d’énergie ou de ressources pour y répondre. Un véhicule plus performant, un éclairage LED ou un équipement industriel mieux optimisé relèvent de cette logique. « L’efficacité est indispensable, mais elle présente une limite majeure : elle ne questionne pas le besoin lui-même. » explique Baptiste Harbonnier
La sobriété implique-t-elle un changement de modèle ?
La sobriété conduit bien à une transformation des modèles économiques, mais cette transformation n’est ni uniforme ni nécessairement radicale. En posant la question du besoin réel auquel répond une activité, elle amène les organisations à ajuster leur offre, à réduire la surproduction et à repenser la valeur créée.
Sobriété et compétitivité : des leviers économiques bien réels
L’un des angles de l’avis de l’ADEME est de replacer la sobriété au cœur des enjeux de compétitivité. En réduisant les consommations de matières, d’énergie et d’équipements importés, elle contribue à renforcer la souveraineté économique et à limiter l’exposition aux crises géopolitiques. La crise énergétique de 2022-2023 a rappelé combien la dépendance aux ressources importées pouvait fragiliser entreprises et territoires.
Alors, par où commencer ?
Pour les entreprises et les collectivités qui souhaitent s’engager dans la sobriété, la question de départ est simple : où est-il possible de réduire les ressources mobilisées sans dégrader la qualité du service rendu, voire en l’améliorant ?
Des actions simples, déjà éprouvées, permettent d’amorcer la démarche. Dans la restauration collective, l’adaptation des portions ou la proposition d’offres « petit mangeur » réduit le gaspillage sans nuire à la qualité du service. Dans les zones d’activité, la mutualisation de véhicules ou d’équipements peu utilisés permet d’optimiser les ressources existantes. Dans la conception des produits et services, la réduction des emballages et l’éco-conception orientée vers l’usage réel constituent des leviers accessibles.
Ni décroissance déguisée ni solution miracle, la sobriété apparaît donc comme un outil stratégique pour adapter l’économie aux limites des ressources. En la combinant à l’efficacité et en tenant compte des réalités sectorielles et sociales, elle devient un levier de souveraineté et de résilience pour les entreprises et les territoires qui cherchent à sécuriser leur avenir.
Lire l’intégralité de l’article
Pour être accompagné dans votre réflexion, contactez Stéphane GIROUD – s.giroud@ceder-provence.org – 07 43 01 27 09

